Les agressions subies par la rivière

Impacts des ouvrages hydroélectriques

Les ouvrages hydroélectriques sur l'Ain fonctionnent par éclusées. Les éclusées sont des variations artificielles du débit occasionnées par le fonctionnement des ouvrages, barrages et micro-centrales. Leurs conséquences sur la faune aquatique poissons et macrofaune peuvent être terribles. Lors d'une diminution très rapide du débit, des frayères sont mises à sec, des poissons notamment des alevins et des juvéniles se retrouvent piégés voir mis à sec. Les truitelles et ombrets de la BRA paient un lourd tribut à ces variations artificielles de débit (voir photos ci-contre).

Exemple: au printemps 2018, le cabinet d’études ECOTEC a répertorié un millier d’ombrets morts sur le secteur de Buchin, suite à un abaissement très rapide du débit.

Depuis 2 ans , ces constatations effectuées par les agents de l’AFB et le cabinet d’études ECOTEC, ont entrainé les AAPPMA de la BRA à porter plainte.

En période d’étiage, la présence des barrages artificialise aussi les débits, mais permet également lors de sécheresse sévère, comme en 2018 de maintenir un débit sur la BRA, supérieur à ce qu’il serait naturellement.

Ces ouvrages ont bien d’autres impacts, notamment sur le fonctionnement de la rivière, voir la page sur l’Ain “une rivière sauvage”.

Influence de la présence des centrales hydro-électrique en amont: Un ouvrage majeur tel que Vouglans a profondément marqué la basse rivière d’Ain. Il influence directement la vie dans la rivière. Ces ouvrages retiennent le substrat de l’amont, qui constitue le lit de la rivière. Il en résulte un déficit en matériaux, un enfoncement de la rivière et l’abaissement de la nappe phréatique. Il s’agit d’un réel problème à moyen terme pour lequel des solutions sont actuellement envisagées.

Prélèvements et importance des apports phréatiques

Durant les épisodes de fortes chaleurs, la température de la BRA peut atteindre des valeurs incompatibles avec la simple survie des salmonidés. L’apport d’eaux plus fraîches est alors indispensable pour les truites et les ombres et une partie de la macrofaune. Ces apports conditionnent notamment l’existence des zones refuges pour les salmonidés lors des canicules. De tout temps ces apports ont été issus d’affluents froids (Pollon, Neyrieux, Sémard, …) et d’arrivées de la nappe phréatique. Hélas, l’accroissement des besoins en eau depuis plusieurs décennies pour l’eau potable et surtout l’agriculture intensive n’a cessé de réduire ces apports d’eaux froides. Cette problématique s’est encore accrue en raison du réchauffement climatique qui entraine des températures très élevées et une pluviométrie estivale très faible.

Une solution partielle à cette problématique consiste à prélever l’eau pour l’irrigation estivale intensive du maïs non plus dans la nappe de la BRA mais directement dans le Rhône par le biais d’un important réseau de canalisations.

Il est important de rappeler que le régime naturel hydraulique de l’Ain est complètement différent de celui du Rhône. L’Ain ne bénéficie d’aucun apport glaciaire et connait donc des étiages estivaux sévères à l’inverse du Rhône qui durant l’été bénéficie de la fonte des glaciers. Les prélèvements effectués dans le Rhône pour cette irrigation ont donc un impact quasi nul sur le débit estival du Rhône qui est localement de plusieurs centaines de m3/s.

En 2017/2018 d’importants travaux ont été réalisés pour la prolongation du secteur de l’Ain ainsi irrigué qui s’étend maintenant sur une grande partie de la rive gauche de la BRA.
Tout le secteur à l’aval de Leyment est ainsi préservé de ces importants prélèvements en nappe.
L’impact de cette modification des prélèvements va faire l’objet d’un suivi pendant plusieurs années afin d’en estimer les bienfaits sur la rivière d’Ain.

Les Pollutions

Si des progrès importants ont été fait en matière de rejets, il reste encore quelques points noirs dont la rivière se passerait bien... Plus insidieuse les pollutions dites diffuses viennent aussi dégrader la BRA. Le maïs déjà accusé pour sa consommation d'eau est aussi responsable d'apports en nitrates et pesticides. Ces produits entraînés par l'eau rejoignent en s'infiltrant la nappe phréatique ou en ruisselant les fossés et affluents et donc la rivière. Ces excès de fertilisants participent pleinement à l'eutrophisation de la rivière dont le développement algal est une conséquence.

Les espèces invasives

Pour les observateurs avertis, de nombreuses espèces non originaires de la BRA sont aujourd'hui présentes sur les berges de la BRA ou dans ses eaux. Pour la flore, la plus représentée est sans doute la Renouée du Japon, plante très envahissante, elle colonise les berges et les grèves, au détriment des espèces indigènes. L'Ambroisie trouve aussi des conditions très propices à son développement, allergiques s'abstenir. D'autres espèces comme les érables Négundo, les arbres à papillon sont aussi abondantes bien que moins "gênantes". Du coté de la faune, les cormorans et autres harles bièvres, peuvent aussi être qualifiés d'invasifs dans la mesure où en l'absence de prédateurs, ils prolifèrent aux dépens des truites et ombres de la BRA. (voir la page sur leur régulation) Enfin dernier apparu, le Silure colonise la rivière et occupe des postes où sa prédation sur les truites est sans doute non négligeable. Dans les lônes, les tortues de Floride trouvent un biotope idéal...

les dépôts d'ordure

Le braconnage

Tableau récapitulatif des agressions subies par la BRA

Problématique identifiéeCauses connues classées par ordre décroissant d’importanceConséquences principales sur les milieux et les usagers
Dégradation des eaux souterraines (nitrates, pesticides et bactériologie) Fertilisation et désherbant pour la culture intensive (nitrates et pesticides)
Pollutions d’origine domestique (infiltration station) et industrielle (pollution accidentelle, décharges et zones industrielles…)
Absence ou déficience des systèmes de traitement des eaux (bactériologie)
Vulnérabilité des aquiféres (nappes alluviale) liée à l’absence de recouvrement imperméable (argile)
Vulnérabilité de la nappe par la mise à jour lors de l’extraction de granulats
Fertilisation et désherbant pour la culture intensive (nitrates et pesticides)
Pollutions d’origine domestique (infiltration station) et industrielle (pollution accidentelle, décharges et zones industrielles…)
Absence ou déficience des systèmes de traitement des eaux (bactériologie)
Vulnérabilité des aquiféres (nappes alluviale) liée à l’absence de recouvrement imperméable (argile)
Vulnérabilité de la nappe par la mise à jour lors de l’extraction de granulats
Diminution du niveau des nappes localement Concentration des captages
Enfoncement du lit des cours d’eau
Assèchement des milieux annexes et cours d’eau alimentés par la nappe phréatique
Augmentation de la température de l’eau (Ain principalement)
Agravation de l’assèchement naturel (Albarine, Suran…)
La perturbation de la dynamique de la rivière d’AIN et enfoncement de son lit Diminution des transports solides (barrages et endiguement)
Aménagement des cours d’eau type endiguement, protection des berges, seuils offensifs
Enlèvement de matériaux (curage et dragages dans le lit mineur)
Atténuation du régime hydrologique par les barrages
Baisse de la sinuosité.
Augmenation du risque lié aux crues par la régression des zones d’expansion naturelles, accélération des vitesses d’écoulement et aménagements dans les secteurs récupérés à l’espace de liberté de la rivière.
Abaissement du niveau de la nappe drainée par la rivière incisée: risque d’assèchement des captages périphériques, des milieux annexes, augmentation de la xéricité dans les forêts alluviales.
Impact négatif sur la diversité biologique (disparition des milieux alluviaux)
Perturbation du régime hydrologique de la rivière d’Ain par l’hydroélectricité
Gestion des éclusées en grande partie dictée par les demandes en électricité sur le réseau EDF (réponse immédiate en terme de production électrique)
Gestion des débits ne prenant pas suffisamment en compte le fonctionnement des milieux naturels : soutien à l’étiage en été limité par l’activité touristique de Vouglans, la cote ne devant pas descendre en dessous de 426, variabilité des débits estivaux faibles
Dégradation de la qualité piscicole liée au fonctionnement par éclusées (piégeage des alevins et exondation des frayères), à la stabilité et l’influence des débites réservés, à la rupture des circulations longitudinales
Baisse dynamique fluviale (recharge en matériaux, atténuation des crues)
Diminution du risque lié aux crues (écrêtement)
Erosion des berges
Déboisement
Présence d’espèces ligneuses dont le système racinaire ne maintien pas les berges
Erosion naturelle liée a la dynamique de la rivière
Participation active à la dynamique fluviale (recharge en matériaux)
Menace de déstabilisation d’ouvrages et de maisons
Difficulté de la gestion foncière des terrains perdus dans la rivière
Colmatage du lit des rivières
Rejets d’origine domestique
Diminution de la dynamique fluviale (ralentissement de la vitesse du courant, effet chasse d’eau atténué)
Rejets minéraux d’origine industrielle ou agricole (cressonnière..)
banalisation de la faune et de la flore benthique
dégradation des frayères
diminution des échanges avec la nappe
Inondations dommageables
phénomènes pluvieux exceptionnels
construction en zone inondable : réduction des zones d’expansion.
Recalibrage des cours d’eau (accélération des écoulements)
Manque d’entretien des cours d’eau (embâcle)
Risques pour la sécurité des ouvrages, des habitations et de la population
Régénération des milieux alluviaux
Pollutions azotées et phosphorées et phénomènes d’eutrophisation
Déversoirs d’orages
Absence ou mauvais fonctionnement des systèmes d’épuration
Surcharges hydrauliques
Sous dimensionnement
Absecnec de traitement
Disfonctionnement de la filière boues
Rejets diffus d’origine agricole difficilement quantifiable)
Des étiages faibles (origine anthropique ou naturelle)
Rejets d’origine industrielle non ou mal traités
Baisse de la productivité piscicole liée aux mortalités estivales (eutrophisation), au colmatage des frayères : impact négatif pour l’activité de la pêche.
Gêne pour les activités nautiques : développement algal
Banalisation de la faune et de la flore : eutrophisation, pollution toxique, colmatage.
Dégradation des eaux de baignade
Rejets directs des effluents en rivière
Dysfonctionnement des déversoirs d’orage
Risque de contamination par les baigneurs
Augmentation de la température des eaux de la rivière d’Ain durant l’été.
Baisse de l’alimentation phréatique pendant la saison chaude due à des prélèvements important dans les nappes
Augmentation de la température de l’air depuis plusieurs années
augmentation des effets de l’eutrophisation (baisse de l’O2) : augmentation des risques de mortalité piscicoles estivale
Dégradation de la qualité des eaux de la retenue de l’Allement
Accumulation des polluants drainés par l’Ange et l’Oignin (bassin industriel d’Oyonnax) et par l’Ain en amont
Anoxie du fond de la retenue en été, due à la dégradation des algues (relargage de NH4 et PO4)
Une dynamique fluviale faible en été : stabilité du débit réservé
Source de pollution de la rivière d’Ain
Phénomène d’eutrophisation préjudiciable pour les activités nautiques sur la retenue
Raréfaction des milieux remarquables et plus particulièrement les brotteaux
Augmentation de la xéricité (baisse du niveau de la nappe)
Rupture des échanges transversaux
Diminution de la faculté de divaguer
Eutrophisation
Dérangement occasionné par la fréquentation touristique
Disparition des pratiques agro pastorales
Faible exploitation forestière
Mise en culture des terrains
Baisse de la diversité biologique
Banalisation des paysages
Diminution du caractère sauvage et de l’intérêt touristique