La régulation des cormorans

Les cormorans

Inconnue sur les cours d'eau du département il y a encore 25 ans, cette espèce vient annuellement hiverner sur l'AIN, les rivières et les plans d'eau environnant. (La Dombes notamment).Un dortoir à Cormorans sur les bords de la rivière à la tombée de la nuit. Les dortoirs peuvent compter plusieurs milliers d'individus, s'ils ne sont pas dérangés. A 40 km de l'Ain la zone de captage des eaux de Lyon est un secteur idéal. Interdit aux hommes, cette zone boisée leur offre le gîte, " le couvert n'est même pas à un battement d'aile". Certains (nombreux) vont faire leur course dans la Dombes et se risquent dangereusement sur la rivière d'AIN.

Le Phalacrocorax carbo sinensis

Les cormorans appartiennent à la famille des phalacrocoracidésC'est un oiseau qui peuple l'Europe, l'Asie centrale, méridionale, l'Afrique, l'Australie et l'Amérique du Nord-est. En France, c'est un oiseau migrateur, bien que des cas de sédentatrisation sont observés. Il niche en Europe centrale, dans les pays scandinaves, mais aussi à des lattitudes moins élevées, comme en Irlande ou aux Pays-Bas. La ponte compte 3 ou 4 oeufs qui sont couvés par le mâle et la femelle pendant 28 jours. Les petits sont nidicoles, ils ouvrent les yeux à 4 ou 5 jours, sont élevés et soignés par les deux parents. Ils volent à 60 jours, mais il leur faut 11 à 12 semaines pour devenir indépendants. A l'automne il entame sa migration vers le Sud, pour séjourner en hiver en Europe occidentale jusqu'en Afrique du Nord. Il consomme en moyenne 300 à 500 grammes de poisson par jour. Sa prédation n'épargne aucune espèce de poisson, et peut s'avérer catastrophique sur les ombres.Très rare à l'intérieure des terres, jusqu'au début des années 80, il a bénéficié d'une protection accrue suite à la marée noire de l'AMOCO CADIZ du 16 mars 1978. Sa protection fut totale jusqu'en 1995. La population séjournant en France durant l'hiver s'élèverait au minimum à 160 000 individus.

La régulation est réalisée par les Gardes de l'AAPPMA de l'UPRA ainsi que des gardes de l'ONCFS. Les jeunes adultes sont facilement identifiables grâce à leur poitrail blanc qui se noircit avec l'âge. Le vol en V: il est caractéristique des grands oiseaux migrateurs. Cette formation est systématique, même sur de courtes distances (déplacement vers les lieux de nourrissage). Influence des niveaux d'eau sur la prédation: par niveau d'eau faible, ces oiseaux pêchent le lit de la rivière, plats, courants.... Par fort débit, ils pêchent les lônes (bras morts de la rivière), zones profondes, mais à l'abri d'un trop fort courant.Phases de migration:Aller: Septembre Octobre Présence hivernale sur la rivière notamment lors du gel des étangs proches (de la Dombes) Migration retour (Février/Mars)

Les preuves de la prédation sur les ombres

Analyse du contenu stomacal de deux grands cormorans abattus le 18 et 19 Janvier 1997 (JP-Mallet) premier contenu: l'estomac de ce grand Cormoran ne semblait contenir qu'un seul individu qui a pu être identifié gâce à la forme caractéristique de ses écailles comme appartenant à l'espèce ombre commun. la présence d'oeufs dans l'estomac de cet oiseau laisse à penser qu'il s'agissait d'une femelle. L'examen scalimétrique permet de dire que ce poisson a déjà passé 5 étés (individu classé 4+).La longueur moyenne du poisson, calculée sur un échantillon représentatif de 5 écailles est de 41,1cm. (intervalle de confiance 40,0-42,6 cm). Le poids en relation avec un poisson de cette longueur est estimé à 590g, sachant qu'il est très certainement sous estimé vu la maturation des gonades.Deuxième contenu: La digestion était déjà beaucoup plus avancée que sur l'oiseau précédent, mais des écailles ont pu révélé la présence d'un ombre de 4 été (soit 3+) La présence d'oeufs confime qu'il s'agissait d'une femelle. Ce poisson devait mesurer 35,8 cm (intervalle de confiance 33,4-38,3cm) pour un poids estimé à 380g.Ces contenus stomacaux sont les premiers permettant de mettre en évidence la prédation exercée par le grand cormoran sur la population des ombres communs de la BRA, ce qui n'est pas étonnant vu qu'il s'agit d'un des rares poissons qui reste relativement actif durant l'hiver,tant que la température de l'eau ne descend pas en dessous 5°C.

Les Harles Bièvres

 

Apparu dans nos régions plus récemment que le grand cormoran, le harle bièvre intégralement protégé, est un redoutable prédateur piscicole. Chaque couple donne naissance annuellement à 10 à 12 petits dont le taux de survie est élevé. Les femelles veillent scrupuleusement sur ces petits jusqu’à leur autonomie. N’ayant aucun prédateur au stade adulte, ce canard plongeur connait donc une expansion très rapide.
Spécialisé dans la capture de petits poissons, il provoque de gros dégâts sur les vairons et les juvéniles de salmonidés mais il s’attaque aussi à des poissons plus gros qu’il blesse sévèrement.
Sur la BRA, il s’attaque notamment aux ombres en période estivale lorsque ces derniers sont rassemblés dans les zones refuges. Saisis et secoués hors de l’eau par un bec dentelé, le plus souvent en avant de la nageoire caudale, les ombres ainsi blessés sont condamnés à une mort certaine.
Depuis plusieurs années, l’AUPRA demande, hélas sans résultat, des mesures de régulation de cette espèce par prélèvement des jeunes comme cela se fait en Suisse pour protéger les rivières salmonicoles.